Anti-racisme, etc.

 

 

    La lutte contre le racisme a pris une tournure étrange. Elle permet à un tas de petits ayatollahs de chasser avec un pointillisme formel le moindre propos, la moindre action qui pourrait avoir l'air d'évoquer une ombre d'apparence d'un sentiment de supériorité. On touche au ridicule, et sans effets notoires, d'ailleurs, sur la manière de considérer son prochain.


    Il est vrai que certaines officines se sont fait une spécialité de la poursuite des citoyens mal disant. Une sorte d'inquisition moderne. Mais si l'on se penche sur leurs motivations, on constate qu'elles ne sont généralement pas dépourvues d' intérêts politiciens. Telle d'entre elles, liée à un parti, en soutenait les ambitions et les orientations. Telle autre est dévolue à la défense et illustration d'un pays prédateur. Si les motivations étaient pénétrées d'humanisme, leur action présenterait une autre dimension. Or, il faut bien admettre que les interventions touchent, par leur superficialité, à la niaiserie, et pour certains à la duplicité.
Allez-vous utiliser l'expression " travailler comme un nègre" que vous vous exposez à l'ire de ces maîtres à dire. Le mot "nègre" est bani à tout jamais. C'est une insulte à la race noire. Tout juste échapperez-vous au tribunal. Mais je ne connais pas un "noir" intelligent qui verra dans l'expression autre chose que ce qu'elle veut dire, à savoir un dur labeur. Autant dire que l'on ne devrait pas non plus évoquer la force turque sans s'exposer à une accusation majeure de racisme anti-turc. Quant au sionisme, on ne peut le critiquer sans se voir accusé d'anti-sémitisme.


    L'anti-racisme brille par sa superficialité, superficialité qui permet à certains de mettre en avant un "bon coeur" de pure façade(1). Et parce qu'il est de façade, il reste sans efficacité, et même contre productif. On veut, par exemple, ancrer dans la pensée collective qu'il n'y a pas de races humaines. On a même pu lire dans une revue de l'U.N.E.S.C.O. que s'il y a bien quelques différences génétiques entre les hommes, il faut les considérer insignifiantes. C'est comme s'il n'y en avait pas. Donc il n'y en a pas! C.Q.F.D ! C'est-à-dire que pour vaincre le racisme on estime nécessaire de nier les différences puisque, s'il y a des différences de forme alors le racisme serait justifié. Comme si l'on disait qu'il n'y a pas de races bovines, qu'une limousine n'est pas différente d'une salers, faute de quoi l'une au moins ne serait pas une vraie vache. Ce n'est certainement pas en niant les différences qu'on les supprime, mais en les dépassant. On ne construit rien de durable sur le sable. De la même manière, on ne vaincra pas l'antisémitisme en essayant d'empêcher tout un chacun de critiquer le sionisme prédateur. On voit bien que l'effet est inverse de celui espéré.


    L'unité des hommes se situe, heureusement, au delà de la forme. Si nos ayatollahs s'attachaient aux qualités des êtres plutôt qu'à leur apparence, ils verraient que celles-ci sont partout répandues. Il y a de bonnes et braves personnes partout, comme il y en a de moins bonnes, partout également. La sensibilité n'est pas l'apanage d'une race, non plus que l'intelligence. Plus avant, le coeur n'a pas de frontières, et c'est lui qui amène à une vraie solidarité. Quand on s'attache aux qualités, on ne porte aucune attention à la couleur de la peau.


    La même passion inquisitrice se retrouve, en France au moins, dans l'affirmation du féminisme. Aussi légitime que soit ce mouvement ( et il l'est, oh combien!) il est clair qu'il s'égare maintenant, chez certains militants ( t.e.s, t.e.s t.e.s !) dans des contorsions invraisemblables. Là encore on voudrait nous voir affirmer une égalité de pure forme en niant toute apparence d'altérité. Et là encore, la voie utile est moins étroite et un peu plus intérieure. Davantage d'humain amènerait spontanément le nécessaire respect. C'est l'attention aux qualités intrinséques qui sauve l'unité et non celle, superficielle, que l'on porte aux formes limitatives.


    Une autre marotte concerne la laïcité. En son nom on traque toute trace publique d'appartenance religieuse. Une croix, pourtant associée à la vie d'un personnage public, une crêche, un voile hérissent ces pourfendeurs des libertés d'autrui. Si telle devait être la laïcité, il faudrait dire qu'elle est fermée, restrictive, et même délétère. Une véritable laïcité ne cherche pas à restreindre les droits d'autrui. Bien au contraire, elle se montre tolérante, ouverte, compréhensive.


    Curieuses vraiment ces pratiques acharnées à régler par les contraintes les comportements d'autrui. Si tous ces zélateurs de la superficialité voulaient bien approfondir leur humanisme, la société s'en trouverait bien allégée.

 

(1) En réalité souvent dur comme la pierre.