Comprendre la philosophie de Spinoza


Je ne crois pas qu'il suffise de lire Spinoza pour comprendre sa philosophie ( sauf exception, nécessairement rarissime ).

Personne ne s'élèvera à la compréhension de l'amour intellectuel en se contentant de lire et relire l'auteur. La philosophie est une démarche de vie. Cela se respire chez Spinoza, et il le dit clairement. Pour commencer, il faut réformer son mental. Or, pour accéder au troisième genre de connaissance, il faut plus que de lire Spinoza. Sinon ce serait facile. Là encore Spinoza nous dit que c'est difficile et donc rare, ce qui est la vérité même. En réalité, la quasi totalité des personnes qui lisent cet auteur le font selon le premier genre de connaissance. Ils appréhendent des concepts, ce qui est insuffisant pour pénétrer le sens de cette philosophie. Il n'est que de voir les erreurs commises par ceux-mêmes qui se pensent en droit de publier sur le sujet. Le problème supplémentaire est que ceux qui étudient de cette manière sont pleins de leurs certitudes et ferment leur esprit à toute discussion. Ils savent, disent-il en alignant des concepts  et rejettent toutes discussion. Cela, Spinoza le savait aussi.

Donnons un exemple de la différence entre un concept et une idée. Tout le monde sait que l'homme est un être pensant. On acquiert cette connaissance en observant les hommes ( on procède par abstraction et généralisation ). Aussi, par un effet d'illusion, chacun pense comprendre le cogito cartésien. Sauf que ce cogito, ce n'est pas un concept, mais le perception mentale de notre essence de penseur. Qui a cette connaissance ? On pourrait encore donner l'exemple de l'être, dont chacun connait le concept. Mais qui a l'expérience de l'Etre, et peut dire, comme Parménide, qu'il est et que le non-être n'est pas ?

Faut-il ajouter que la notion de l'amour intellectuel de Dieu est plus difficile à saisir, donc à vivre, que ne l'est celle du cogito.

Tant que l'on n'est pas en mesure d'exprimer un pensée dans ses propres termes, c'est que le sens n'en a pas été saisi.